Dès le départ, l’identité visuelle de la Poste, qui est organisée au niveau fédéral depuis 1849, a eu une fonction particulière. L’aspect strictement uniforme de la Poste contribue à symboliser et à diffuser l’image encore jeune de l’État fédéral consolidé et à l’ancrer dans l’esprit de la population. La couleur jaune des diligences, et plus tard aussi des cars postaux, des boîtes aux lettres et des enseignes des bureaux de poste, les sigles uniformes utilisés dans tous les cantons et régions linguistiques, ainsi que la croix suisse récurrente ont contribué à la représentation de l’État fédéral encore jeune au 19e siècle. Toutefois, cette apparence uniforme des PTT ne doit pas être interprétée comme du «marketing» au sens actuel du terme.
Le terme «marketing» est, après tout, un néologisme datant de la seconde moitié du 20e siècle. Selon les manuels, ce terme résume une série de mesures par lesquelles une entreprise vise à augmenter la taille de sa clientèle et à la fidéliser encore davantage. Par mesures de marketing, on entend, par exemple, l’observation du marché, un service clientèle élaboré et, surtout, des campagnes publicitaires ciblées. Jusqu’au milieu des années 1970, cependant, de telles mesures étaient considérées comme inutiles aux PTT. Après tout, en tant que monopoles d’État, ils n’avaient aucune «clientèle», mais plutôt la tâche d’assurer un service public fluide et moderne pour la population. La communication des PTT se concentre donc sur l’information des autorités, de la population et de son propre personnel. Les articles publiés dans la «Feuille officielle des postes, téléphones et télégraphes», dans les «Bulletins d’entreprise des PTT», dans les journaux du personnel et dans les «Instructions de service » témoignent de ce caractère administratif de la communication d’entreprise. Ce n’est qu’au milieu des années 70 que les opérations des PTT commencent à développer des mesures actives de publicité et de promotion des ventes pour certaines régions.
Qu’y avait-il avant
Twitter, le natel et PostPac ?
Des collaborateurs de l’ancienne entreprise fédérale des Postes, Téléphones et Télégraphes (PTT) racontent avec passion leur quotidien professionnel.
Ce site web ne sera plus mis à jour. Vous trouverez de nouveaux contenus du domaine de l'histoire orale sur le portail en ligne des archives des PTT à partir de 2024.
Nous,
les PTT
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Les efforts de marketing des PTT
La communication aux PTT se limite à l'origine à informer les autorités, la population ou son propre personnel. Dans les années 1970, les PTT commencent à faire de la publicité pour leurs produits et services. Mais ce n'est qu'avec la libéralisation à la fin des années 1990 que les PTT développent une approche marketing contemporaine avec une communication orientée vers le client.
Il est vrai que durant les années précédentes, on trouve déjà des allusions à la «promotion d’une action orientée vers le client» (1972), à la «création d’un service client (1973), à un «état d’esprit de service client» (1974) et à une «acquisition de trafic» (1976). Mais c’est dans le rapport annuel de 1977 que les mesures de publicité et de promotion des ventes sont abordées explicitement pour la première fois. Face à la récession, à la prise de conscience de la crise et à une baisse sensible du trafic, les PTT se voient dans l’obligation de «promouvoir la demande de services PTT par des mesures appropriées orientées vers le marché». Dans un premier temps, deux campagnes publicitaires à grande échelle sont mises en œuvre pour les télécommunications: la campagne «Offrez des communications téléphoniques!» (1977) et le slogan publicitaire «Un coup de fil, c’est si facile » (1980) ont manifestement entraîné une augmentation du trafic sur le réseau téléphonique suisse. En outre, un nouveau «stand de publicité et de vente intégré des PTT» doit fournir des informations sur tous les services lors des expositions, dans les centres commerciaux et les foires commerciales. Les fonctionnaires des PTT sont également formés de manière explicite à un «comportement convivial». Même si la concurrence réelle fera défaut dans de nombreux secteurs d’activité pendant longtemps encore, le rapport annuel de 1977 témoigne des premiers balbutiements d’efforts de communication plus larges et plus actifs chez les PTT. On peut y lire à cet égard: «Les efforts de marketing doivent viser le long terme ; les campagnes ponctuelles ne suffisent pas. Les PTT sont tenues d’être autosuffisantes, mais elles ne peuvent y parvenir que si elles s’alignent sur le marché».
Cette orientation à long terme vers le marché se concrétise davantage au cours des deux décennies suivantes: par exemple, un groupe de travail interne est chargé de rédiger une «charte de la communication des PTT» complète. Des instituts du secteur privé réalisent des études de marché pour le compte des PTT et des plans sont élaborés sur la manière d’acquérir de nouveaux «abonnés». En outre, des groupes de contact sont créés entre les PTT et les partenaires du secteur privé. Dans les rapports annuels des PTT des années 80, l’argument quelque peu paradoxal qui revient est que c’est précisément en raison de sa position de monopole que les PTT se sentent obligées de communiquer plus activement leurs services au public. Comme les utilisateurs n’avaient aucune possibilité de satisfaire leurs besoins de communication ailleurs, les services des PTT étaient considérés de manière particulièrement critique. Ainsi, jusqu’à la fin des années 80, ils ont essayé d’améliorer leur service public à l’aide d’études de marché et d’influencer l’opinion publique sur l’offre disponible par des mesures publicitaires. Au cours des années 80, le marketing des PTT est en quelque sorte réalisé comme une preuve de performance et comme une défense contre la menace d’ouverture des marchés de la poste et des télécommunications. Cependant, la libéralisation ne peut être arrêtée. Au plus tard après l’ouverture préalable du marché du téléphone en 1987 et la pression sensiblement croissante pour libéraliser les secteurs de la poste et des télécommunications, les communications des PTT commencent à changer fondamentalement. On se prépare pour les clients. En 1992, la direction générale des PTT a été dotée à cet effet d’un département central de marketing, qui a élaboré une stratégie commerciale pour des produits tels que les lettres, les colis et les services de courrier et a également créé les pierres angulaires du futur marketing des divisions.
Une identité visuelle uniforme – division de l’entreprise
Au cours des années 90, le marketing des PTT est étendu et professionnalisé. Du personnel extérieur aux PTT, sans carrière dans la fonction publique, est employé. L’image des PTT est revue et réglementée à grande échelle. Ce qui est passionnant dans les règlements de marketing de cette période, c’est que la séparation imminente de la poste et des télécommunications se profile littéralement à l’horizon. Depuis 1993, il existe des logos et des slogans distincts pour La Poste PTT et Télécom PTT.
Depuis le début des années 90, il est donc devenu évident que le monopole des PTT serait aboli dans un avenir proche. Lors de la séance du 23 août 1995, le Conseil fédéral s’est alors finalement prononcé en faveur de la scission et de la privatisation des PTT. Le style de communication bureaucratique cultivé pendant des décennies, qui n’a commencé à changer qu’au début de la décennie, doit maintenant se transformer en quelques mois en une communication d’entreprise orientée vers la concurrence et un marketing au sens traditionnel. Au moment de la libéralisation, le 1er janvier 1998, l’image longtemps uniforme des activités postales et téléphoniques aura été transformée en une identité d’entreprise distincte pour la Poste et la future Swisscom. Ce processus donnera naissance à deux entreprises aux présences très différentes. Alors que la Poste deviendra une institution indépendante de la Confédération le 1er janvier 1998, Télécom sera transformée en une société anonyme régie par une loi spéciale et baptisée – après bien des péripéties – «Swisscom». Jusqu’en 2000, les services de communication de la Poste et de Swisscom se professionnalisent davantage et des départements distincts sont créés pour les relations publiques et les services médias.


Les PTT et l’industrie des télécommunications
Hasler, Siemens, Standard Telephone & Radio – pendant des décennies, le département des télécommunications des PTT a attribué ses contrats presque exclusivement à ces trois sociétés. Les liens étroits entre l’entreprise publique et les fabricants privés ont été à la fois une bénédiction et une malédiction pour les deux parties.
Fin 1877, un an seulement après la demande de brevet d’Alexander Graham Bell pour son premier appareil téléphonique, le Conseil fédéral et la direction des télégraphes suisses effectuent les premiers essais avec deux appareils téléphoniques fabriqués par Siemens & Halske à Berlin selon le brevet de Bell. L’année suivante, la direction a poursuivi ses expériences avec des appareils plus nouveaux et améliorés, qui ont été rapidement reconçus par Siemens & Halske. L’évolution des nouveaux appareils symbolise le développement rapide du téléphone pendant les années pionnières de la téléphonie. Compte tenu de l’évolution technique, de la construction de premiers réseaux de lignes et de la demande croissante en téléphones, la Confédération suisse a déclaré à la fin de 1880 que l’exploitation du téléphone en Suisse était une affaire d’État. La direction des télégraphes à Berne est désormais chargée de la construction du réseau de lignes et se met immédiatement à tester concrètement les appareils disponibles à l’époque.
L’ «Instruction pour le fonctionnement du téléphone» résultant de ce test et publiée par la Direction le 20 avril 1881, énumère un certain nombre d’éléments qui doivent être présents lors de l’installation d’un poste téléphonique. À l’époque, elle servait moins d’exigence normative pour les entreprises de télécommunications privées que de ligne directrice pour la production de téléphones par l’État. Entre 1883 et 1891, la direction des télégraphes achète presque exclusivement des pièces détachées auprès de divers fournisseurs en Suisse et à l’étranger afin de les assembler dans ses propres ateliers en des appareils aussi uniformes que possible.
Cela a changé en 1892. Cette année, la direction des télégraphes n’est plus en mesure de produire suffisamment de téléphones en interne pour répondre à la demande croissante dans tout le pays. Sans fermer ses propres ateliers pour l’instant, la direction commence à commander des appareils téléphoniques complets à des fabricants privés, à savoir Gustav Hasler à Berne, la Société des téléphones de Zurich et la société Eckenfelder à Zurich. Ce fut le début d’une relation commerciale de plusieurs décennies entre les compagnies monopolistiques de télégraphe et de téléphone, plus tard les PTT, et l’industrie privée des télécommunications en Suisse.
Instruction d’exploitation du téléphone du 20 avril 1881
«Le Département fédéral des postes et des chemins de fer est autorisé à conclure des contrats avec les gouvernements cantonaux pour la construction de stations téléphoniques sur la base des dispositions ci-dessus». Après que la téléphonie ait été déclarée matière fédérale un an plus tôt, la Direction des télégraphes commence à construire le réseau téléphonique en 1881, permettant ainsi l’introduction de la téléphonie en Suisse.
Au cours du siècle suivant, c’est-à-dire jusqu’à la libéralisation du marché téléphonique suisse en 1998, les contrats de la direction ont été principalement attribués à trois grandes entreprises privées, à savoir Hasler AG Berne, Standard Telephone & Radio AG Zurich et Siemens-Albis AG Zurich. Alors que Hasler est une société suisse, les deux autres sont des ramifications de grandes sociétés étrangères, à savoir Bell Telephone Manufacturing Co. à Anvers et Siemens en Allemagne. Ces trois principaux fournisseurs des PTT sous-traitent à leur tour la production des différentes pièces à des entreprises plus petites, à savoir Autophon AG Soleure, Autelca AG Gümligen, Favag SA Neuchâtel, Gfeller AG Berne, Maag Zurich, Zellweger Uster et d’autres.
La collaboration entre les PTT et la société Gustav Hasler mentionnée ci-dessus est emblématique de l’interdépendance croissante entre les entreprises publiques et l’industrie privée des télécommunications. Aucune autre entreprise privée n’est aussi étroitement associée à l’avènement de la téléphonie en Suisse que cette entreprise bernoise. Alors que le Conseil fédéral et la direction des téléphones testaient encore les tout premiers téléphones en provenance d’Allemagne en 1877, Gustav Hasler père élargit les activités de son atelier télégraphique à la fabrication de téléphones et, l’année suivante, met en vente les premiers appareils basés sur le principe de construction breveté par Bell. Avec les premières grosses commandes de la direction du télégraphe vers la fin du XIXe siècle, il devenait déjà évident que le développement des téléphones et la production de boîtiers, de commutateurs et d’appareils muraux deviendraient le principal domaine d’activité de la société. Dans ce contexte, Gustav Hasler junior, qui a repris l’atelier de son père, aujourd’hui spécialisé dans la téléphonie, a commencé à créer une grande entreprise en 1900. Outre la télégraphie par fil et la téléphonie des années de fondation, l’entreprise s’occupe de la technologie à haute fréquence, de la construction d’instruments de mesure, de systèmes de sécurité ferroviaire, de signaux routiers et de machines à affranchir. En 1909, Gustav Hasler Jr. transforme l’entreprise familiale en une société anonyme. En 1918, la société Hasler AG commence à fabriquer ses premiers appareils de table. Quatre ans plus tard, l’entreprise fournit à la direction du téléphone ses premiers appareils muraux automatiques. La société Hasler AG fournit également à un stade précoce la technologie de transmission nécessaire à la téléphonie nationale. À la fin des années 1940, avec la livraison d’une centrale développée par la société elle-même, elle couvre plus de la moitié de la capacité de commutation des PTT. En 1952, Hasler AG reprend Autelca AG, fondée peu de temps auparavant, et dix ans plus tard, elle devient Hasler Holding AG. Jusqu’à la fin des années 1980, Hasler Holding AG est restée le principal fournisseur des PTT dans le secteur des télécommunications et a fonctionné comme un centre de développement et de production externalisé. En 1987, Hasler Holding AG fusionne avec Autophon Holding AG et Zellweger Telecommunications AG pour former Ascom Holding AG, la première entreprise suisse de télécommunications de l’époque.
Sous le monopole des PTT, les activités de toutes les entreprises de télécommunications suisses, et pas seulement celles de Hasler, fonctionnent parfaitement. Rien que pendant la seconde moitié du XXe siècle, les PTT ont investi environ 50 milliards de francs suisses dans l’industrie nationale des télécommunications, ce qui en fait les plus gros investisseurs individuels en Suisse. Seule une fraction de leurs commandes est passée à l’étranger. Les «trois grands» (Hasler AG Berne, Standard Telephone & Radio AG Zurich et Siemens-Albis AG Zurich) peuvent donc compter sur une garantie d’achat de facto pour leurs produits. Si l’entreprise d’État garantit aux entreprises suisses un marché intérieur et les protège d’une concurrence étrangère excessive, elle réglemente également leur concurrence mutuelle. En outre, les petites entreprises bénéficient également du pouvoir de régulation des PTT, car les trois grands ne se voient souvent attribuer des contrats des PTT que s’ils collaborent avec de petites entreprises de certains cantons. En bref, le monopole des PTT s’étend aux entreprises de télécommunications suisses par le biais de garanties d’achat informelles et de l’attribution prévisible de contrats importants. Il est évident que l’attribution des marchés était soumise à une certaine dépendance de parcours ; selon le fournisseur d’où provient une centrale, les produits associés devaient également être fournis par les mêmes producteurs. Il n’est cependant pas clair selon quelle clé de répartition les contrats ont été attribués aux différentes entreprises et si une telle clé a jamais existé.
L’extension de facto du monopole au secteur privé a cependant pris très tôt une expression institutionnelle remarquable: à l’instigation conjointe des PTT et de Hasler AG, l’entreprise publique s’est associée dès 1927 à dix fournisseurs privés pour former Pro Telephon. Ce groupe d’intérêt composé du monopole d’État et de fournisseurs privés s’est fixé pour objectif de promouvoir la diffusion de la téléphonie en Suisse et, en même temps, les industries suisses concernées. Après que le téléphone soit devenu une évidence dans presque tous les foyers à la fin des années 60, les membres de cette collaboration ont commencé à réorienter cette coopération au sein de cinq commissions d’experts permanentes vers le domaine de la recherche et vers une représentation politique commune des intérêts. En 1977, année anniversaire, cette réorientation et l’élargissement de la coopération ont conduit à rebaptiser l’association Pro Telecom.
À partir de la fin des années 1970, les PTT se sont retrouvés de plus en plus sur la défensive en raison de leurs liens étroits avec l’industrie privée des télécommunications. Avec la consolidation d’une infrastructure efficace dans toute la Suisse, les voix en faveur de la libéralisation du secteur des télécommunications se sont progressivement fait entendre. Les lourdes structures bureaucratiques des PTT sont remises en question par le public, qui craint que la compétitivité internationale des grands fournisseurs suisses ne soit compromise et espère que les prix pour les consommateurs baisseront. Cependant, la libéralisation de la téléphonie en Suisse n’est mise en œuvre que de manière hésitante. En raison de leur position d’intérêt bien protégée, notamment grâce au travail de Pro Telecom, les PTT et les entreprises fournisseuses sont en mesure d’exercer une grande influence sur le processus législatif et de retarder la libéralisation.
Le 1er janvier 1998, le marché suisse des télécommunications a été libéralisé par la loi sur l’entreprise de télécommunications et la nouvelle loi sur les télécommunications. Avec l’introduction en bourse de Swisscom le 5 octobre de la même année, les liens étroits entre l’ancienne PTT et les entreprises privées de télécommunications ont été formellement rompus. Les sociétés qui ont fusionné en 1987 pour former Ascom Holding AG ont ressenti l’impact immédiat de la perte de la garantie d’achat de fait, n’ont pas pu se positionner assez rapidement sur le marché libre et ont dû accepter une forte réduction de leurs effectifs dans les années suivantes. Même si de nombreuses relations d’affaires sont dissoutes sur le papier, le réseau de relations est maintenu de manière informelle: la Pro Telecom susmentionnée n’est dissoute qu’en 2003, l’association des cadres du Senior Telecom Group et le Club Bordeaux continuent d'exister à ce jour.


Logistique postale
Le 1er janvier 1849, les administrations postales cantonales fusionnent pour former la Poste fédérale. Dès lors, elle organise la distribution de lettres et de colis en Suisse et à l’étranger. Cette tâche essentielle demeure à ce jour. Toutefois, sa mise en œuvre concrète est soumise à des changements constants. Les nouvelles technologies et la pression économique poussent constamment la Poste à s’adapter et à se réorganiser
La création de La Poste fédérale a eu lieu à une époque connue dans l’histoire contemporaine comme la «révolution des transports». En Amérique du Nord et en Europe, les nouvelles technologies révolutionnent le transport maritime et font apparaître le chemin de fer. À partir de 1853, la Poste a également transféré ses voies de transport vers le chemin de fer. En 1857, elle crée le service postal ferroviaire pour trier le courrier dans les trains déjà. Cela permet de raccourcir et de réduire le coût d’envoi des lettres. La rédaction de lettres devient abordable pour l’ensemble de la population, et le volume des lettres est multiplié par 20 entre 1850 et 1910. Au cours du 20e siècle, le travail exigeant des «postiers ferroviaires» devient l’épine dorsale de la logistique postale et sert de tremplin à la carrière du cadre. Le poste ferroviaire reste en service jusqu’en 2004.
Mais certaines innovations technologiques se soldèrent également par un échec. À maintes reprises, des projets prometteurs échouèrent en raison de leur mise en œuvre ou de leur coût élevé. Prenons l’exemple de la poste par voie aérienne: dès 1913, des avions ont commencé à distribuer des lettres entre les villes suisses. En 1919, la distribution régulière du courrier par voie aérienne a même pu être établie entre Zurich, Berne, Lausanne et Genève en coopération avec l’administration militaire. Cependant, le projet n’a pas apporté de gain de temps décisif ni de revenus nécessaires et a été interrompu la même année. Ce n’est que quelques années plus tard que le courrier aérien prend de plus en plus d’importance, mais au niveau international. Encore plus révolutionnaires: les tentatives de distribution du courrier au moyen de fusées. Entre 1935 et 1961, des tests correspondants sont effectués en Suisse. Cependant, les missiles s’avèrent trop imprécis et trop dangereux, ce qui explique que la fusée postale n’a jamais été utilisée!
Les processus d’automatisation et de numérisation qui ont débuté au milieu du 20e siècle ont un impact majeur sur la logistique postale. Une première étape a été franchie avec l’introduction du code postal en 1964. Les numéros de 1000 à 9999 sont systématiquement attribués d’ouest en est et sont basés sur le tracé des lignes ferroviaires postales. Le nouveau système marginalise la connaissance de la géographie suisse dans le tri postal. Alors que par le passé, les envois étaient triés par des fonctionnaires qualifiés, la Poste est alors mesure d’employer de plus en plus de travailleurs bon marché pour ce travail, principalement des femmes ou des étrangers. Avec la mise en service du premier système de tri mécanique des lettres à Berne, les adresses sont encore enregistrées manuellement par des codeuses. Enfin, à partir du milieu des années 80, les nouvelles technologies ont également permis de lire automatiquement les adresses. Les systèmes nécessitent donc de moins en moins d’assistance humaine. Mais cela implique des coûts d’investissement élevés à un moment où la Poste est sous pression financière. Pour la seule année 1991, la perte s’est élevée à 864 millions de francs. Grâce aux flux financiers internes des télécommunications rentables, le déficit peut encore être comblé à l’époque des PTT. Mais les deux secteurs doivent être séparés et libéralisés. Avant la fin du millénaire, la Poste doit être en mesure de survivre seule sur le marché. Diverses mesures visent à rendre la Poste plus efficace, notamment en matière de logistique:
Le courrier A et B sera introduit en 1991 afin d’utiliser de manière optimale les machines de tri, de jour comme de nuit. Les projets «Poste aux lettres 2000» (1993-1997) et «Poste aux colis 2000» (1994-1999) serviront à mettre en place des centres automatiques supplémentaires pour les lettres et les colis. Le réseau logistique, qui comprenait autrefois 4000 bureaux de poste, fonctionne désormais via 24 centres de traitement des lettres et trois centres de traitement des colis. Les mesures de rationalisation ont eu un impact majeur sur le personnel. Cependant, grâce à une pénurie de main-d’œuvre, la restructuration peut être menée à bien sans aucun licenciement. Fin 1997, l’entreprise publique des PTT est dissoute et scindée en deux sociétés, Swisscom et La Poste. Les directions postales de district sont supprimées et des organisations divisionnaires verticales sont créées. Les divisions Lettres et Colis sont divisées en quatre régions de processus. La Poste poursuit ses efforts pour atteindre une plus grande efficacité, même après la libéralisation. Avec le projet REMA (2001-2009), elle réduit le nombre de centres de distribution et supprime des centaines d’emplois. En 2015, il y a encore trois centres de courrier et six petits centres logistiques. Grâce aux retraites anticipées et aux indemnités de départ, cette réorganisation se déroule également sans heurts pour la plupart des employés.
La Poste devra continuer à s’adapter aux évolutions technologiques et sociales dans les années à venir. Aujourd’hui, nous communiquons avec des gens du monde entier en quelques fractions de seconde via un smartphone et commandons des biens de consommation directement chez nous au lieu de les acheter dans un magasin. Nos attentes en matière de communication et de transport modifient également la logistique postale. Le passé a montré à quel point les changements peuvent être variés et profonds dans ce domaine. Les développements futurs sont difficiles à prévoir. Notre courrier sera-t-il distribué par des drones à l’avenir? La numérisation va-t-elle faire disparaître la lettre? La Poste suivra-t-elle le modèle d’Uber et les colis seront-ils bientôt distribués par des particuliers?


L' Automatisation des centrales téléphoniques
En 1892, la première centrale téléphonique automatique au monde a été mise en service aux Etats-Unis. Il a cependant fallu des décennies avant que le système de transfert d’appel automatique puisse également être utilisé de manière fiable et efficace en Suisse. L’automatisation progressive des centrales téléphoniques au cours de la première moitié du 20e siècle a modifié à la fois la structure du réseau téléphonique suisse mais aussi la profession de téléphoniste. Le 3 décembre 1959, la Suisse est devenue le premier pays à automatiser entièrement son trafic téléphonique.
Le 3 novembre 1892, la toute première centrale téléphonique automatique a été mise en service à La Porte, Indiana. Les connexions ne se faisaient plus à la main, mais à l’aide d’un commutateur rotatif automatique, le Strowger-Switch. Grâce à ce commutateur, les propriétaires de téléphone au sein du réseau local pouvaient désormais composer les numéros de téléphone de façon indépendante, faisant ainsi l’impasse sur le travail manuel des opératrices téléphoniques. Une deuxième centrale téléphonique de ce type a été construite vers 1900 à New Bedford, Massachusetts. Peu de temps après, un grand standard téléphonique automatique a suivi à Chicago, qui comprenait des sélecteurs automatiques pour plusieurs milliers de connexions – c’était le plus grand standard téléphonique manuel construit jusque-là.
En Europe, cependant, l’automatisation de la téléphonie n’a commencé qu’après le tournant du siècle. Au début du 20e siècle, ce sont les administrations télégraphiques impériales d’Allemagne et d’Autriche qui ont équipé progressivement leurs bureaux centraux de Strowger-Switches pour faire face au nombre croissant d’appels téléphoniques. Tout comme dans les pays voisins, le nombre d’utilisateurs en Suisse a rapidement augmenté au cours de cette période. En raison de cette forte croissance, l’Administration fédérale du télégraphe et du téléphone a été contrainte de renouveler et d’élargir progressivement ses centrales téléphoniques existantes et de les adapter à l’état le plus récent de la technique. Les premiers plans concrets d’automatisation partielle des bureaux locaux ont été élaborés en 1910. Cependant, le déclenchement de la Première Guerre mondiale ayant retardé leur mise en œuvre, la toute première centrale téléphonique semi-automatique en Suisse, à Zurich-Hottingen, ne put être mise en service qu’en 1917.
Après l’expérience initiale de la commutation d’appel semi-automatique à Zurich-Hottingen et compte tenu de la croissance continue du nombre d’abonnés, l’Administration fédérale du télégraphe et du téléphone a décidé en 1920 d’automatiser complètement les centrales téléphoniques dans les grandes villes. Les centrales téléphoniques de Zurich, Lausanne, Genève, Berne et Bâle passèrent à un fonctionnement entièrement automatisé. Le renouvellement des centrales de Lausanne et de Genève semblait particulièrement urgent, car leurs capacités de connexion et de commutation étaient presque épuisées. La première centrale téléphonique entièrement automatique de Suisse, construite sur le modèle américain, a été inaugurée à Lausanne le 29 juillet 1923. Un an plus tard, le siège de Genève-Mont-Blanc fut également équipé de Strowger-Switches, Saint-Gall-Winkeln suivit en 1925 et Zurich-Hottingen passa également en 1926 en mode entièrement automatique. La grande popularité de la commutation d’appel automatisée auprès des utilisateurs, qui se sont rapidement habitués à l’auto composition, les économies et la longue durée de vie des sélecteurs mécaniques ont fait que la commutation d’appel manuelle a également été abandonnée à long terme dans les autres centrales téléphoniques.
Une étape importante du développement de l’automatisation des centrales téléphoniques a été l’introduction de la numérotation inter ville. Comme son nom l’indique, les entreprises de la Poste, de la Télégraphie et de la Téléphonie (PTT), entre-temps fusionnées, sont concernées par les connexions automatiques entre les réseaux locaux des villes. Alors qu’une connexion téléphonique vers une autre ville devait jusque-là être commutée par une téléphoniste de sortie (dans le réseau de l’appelant) et une téléphoniste de destination (dans le réseau de l’appelé), les appelants pouvaient désormais établir eux-mêmes certaines connexions inter réseaux. La première liaison inter ville entre Berne et Bienne a été inaugurée le 29 mars 1930. La même année, la numérotation directe entre Bâle et Zurich fut lancée. Dans un premier temps, le trafic entièrement automatique n’était géré qu’entre les utilisateurs des villes. Le trafic automatique entre les réseaux locaux ruraux n’était alors pas encore possible. Cependant, on peut d’ores et déjà deviner que tôt ou tard, tous les réseaux PTT passeront en mode entièrement automatique.
L’automatisation croissante de la téléphonie a fondamentalement modifié la structure du réseau téléphonique suisse au cours des deux décennies suivantes. Ces changements sont dus à des considérations économiques: les coûts d’installation des câbles étant nettement supérieurs à ceux des centrales téléphoniques, les PTT peuvent réaliser des économies considérables dès lors qu’elles parviennent à regrouper les lignes de commande à distance et donc à mieux les utiliser. En somme, les PTT essaient d’effectuer autant d’appels que possible à travers le moins de lignes téléphoniques possible dans le cadre de l’automatisation. Ceci est considérablement facilité par la commutation automatique. Alors qu’en mode manuel, chaque centrale téléphonique d’un réseau maillé doit être directement connectée à de nombreuses autres centrales afin d’éviter tout travail manuel inutile, les détours ne sont pas pertinents dans la configuration automatique des connexions. L’objectif de l’automatisation est donc de réduire le nombre de lignes en supprimant certaines connexions, de regrouper les appels et donc d’augmenter leur utilisation. Un réseau en forme d’étoile est créé, comprenant un million de raccordements à la fin des années 1950.
En 1959, le dernier standard téléphonique à commande manuelle a été automatisé, faisant de la Suisse le premier pays au monde à disposer d’un réseau téléphonique entièrement automatisé pouvant atteindre même le village le plus éloigné. L’auto sélection par-delà des frontières nationales a vu le jour dans la seconde moitié des années 1960. Le profil professionnel des téléphonistes a commencé à évoluer en conséquence. Comme le service de commutation manuelle n’était plus utilisé depuis les années 1960, les opératrices téléphoniques n’étaient presque plus formées à la commutation manuelle des appels. Au moment de la dissolution des PTT en 1997, seule une fraction minime du trafic d’appels internationaux était encore commutée manuellement.


Le service des chèques postaux en Suisse
Grâce à un mandat de service universel à partir de 1906, la poste suisse devient le leader du marché des opérations de paiement en Suisse au cours du 20ème siècle. En 1997, Postfinance est née du département du trafic des paiements des PTT. Le processus d'automatisation difficile et la concurrence des banques restent encore aujourd'hui les plus grands défis.
Seulement 13 ans après sa fondation, en 1862, la poste introduit les versements, et même les paiements à l'étranger peuvent déjà être traités. Cependant, le début effectif du trafic postal des paiements en Suisse a lieu le 1er janvier 1906, date d'entrée en vigueur de la loi sur les chèques postaux et les services de virements. Ce qui est à l'époque une étape pionnière en Europe - seule l'Autriche-Hongrie offre un service des chèques postaux avant la Suisse - se heurt pourtant à l'opposition nationale. L'Association des instituts de crédit de Zurich, par exemple, constate que la Suisse, avec ses 1000 banques actuelles, est déjà bien servie. Avec son infrastructure en réseau d'environ 4000 bureaux de poste, la poste offre cependant la solution idéale pour rendre le trafic des paiements accessibles aux petites entreprises et, en fin de compte, aux personnes privées.
Après un démarrage hésitant, le nombre d'ouvertures de comptes chèques postaux augmente fortement au cours des 10 premières années. L'augmentation du nombre d'ordres de paiement qui en résulte contraint la poste à multiplier le nombre de ses offices de chèques. A partir de 1921, les collaborateurs de la poste, situés sur 25 sites, acceptent les paiements, versent de l'argent et effectuent des virements. La majorité des employés des offices de chèques sont des femmes. Le travail est exigeant et le personnel est sous pression. Vers 1960 plus de 1000 transactions sont traitées par une employée par jour. La seule aide disponible est une machine à calculer.
Contrairement à la situation du trafic postal, le service des chèques postaux est exposé dès le départ à la concurrence du marché libre. Néanmoins, le nombre de clients ne cesse d'augmenter, de sorte qu'en 1950, plus de 200 000 comptes des chèques postaux sont ouverts. Parallèlement, la poste s'efforce en permanence de rationaliser ses activités. Dans ce contexte, les cartes de versement perforées sont introduites dans les années 1950 et peuvent être traitées de manière semi-automatique. Des caméras de microfilmage sont également utilisées pour saisir les bulletins de versement.
Dans la foulée de l'essor économique des années 1960, le grand public s'intéresse également au trafic postal des paiements. L'augmentation du degré d'automatisation et l'utilisation à grande échelle de machines et d'ordinateurs indépendants sont inévitables. Cependant, le projet APOCO (automatisation du service des chèques postaux par ordinateur), lancé au milieu des années 1960, est arrêté à plusieurs reprises. La fermeture annoncée de quelques petits offices des chèques se heurte à une résistance politique massive, et les personnes concernées craignent pour leur emploi. D'autres points d' APOCO peuvent être toutefois réalisés avec succès. L'une des innovations les plus importantes est l'introduction du Postomat en 1978. Le système permet aux utilisateurs du trafic postal des paiements de retirer leurs économies avec une facilité sans précédent, à toute heure du jour et de la nuit. Néanmoins, le projet APOCO fait l'objet de critiques publiques et internes de plus en plus vives. En 1991, le conseil d'administration des PTT arrête le projet - il est trop perfectionniste, trop coûteux, trop pensé pour le long terme et donc trop peu rentable. Pour les PTT, c'est un désastre. L'année suivante, l'automatisation est relancée, cette fois sous le nom de KUKOBEZA (Kunden-Konten-Belegdatenerfassung der Zahlungsaufträge). En l'espace de neuf mois, en 1996, les 25 offices de chèques sont transformés en six centres de traitement et un centre de services, automatisant tous le trafic postal des paiements et mettant fin aux deux grands projets qui ont consommé tant de ressources.
Dans les années 1990, les relations auparavant difficiles avec les banques se normalisent. Un "groupe de réflexion PTT/banques" est créé en 1993 avec le but de permettre les paiements intersystèmes. Des solutions uniformes pour les paiements sans numéraire dans les magasins peuvent ainsi être mises en œuvre. De plus, il est maintenant possible de retirer de l'argent à un Bancomat avec une carte postale, et vice versa.
Avec la dissolution de la PTT en 1997, le service des chèques postaux connait lui aussi une restructuration fondamentale. Au sein de la nouvelle entreprise "La Poste", l'ancien service du trafic des paiements est transformé en l’entité nommée Postfinance. En 2019, les activités de Postfinance vont bien au-delà du trafic des paiements à proprement dit et l'institution financière jaune s'est depuis longtemps transformée en banque. Le mandat de service de base de la Confédération, qui stipule que les services de trafic des paiements doivent être garantis sur l'ensemble du territoire, n'a pas changé. Cette constante traverse l'histoire mouvementée des opérations de paiement postal depuis plus de 100 ans.


Technique et développement du car postal
La Direction générale des PTT, auparavant de la poste, se penche régulièrement tout au long du XXème siècle sur les innovations technologiques lui permettant de proposer un service public plus efficace, moins coûteux et à disposition de la population. Le car postal fait tout part à ce travail rassemblant nombreux métiers et découlant d’avancées technologiques fulgurantes.
La régie postale fédérale soutient dès 1906 la production indigène et l’économie nationale en faisant produire ses véhicules en totalité sur le territoire national. Les premiers véhicules possèdent une carrosserie en bois, on y monte par l’arrière et on s’assoit, comme dans les diligences postales, sur des bancs en bois aussi. Le moteur se situe devant, sous un gros refroidisseur. Les passagers siègent aux côtés des lettres et paquets, le car postal étant également responsable du service postal. Ces omnibus se veulent accessible par tous (de « omni », racine latine) et permettent l’accès de la population aux centres urbains. La consommation d’essence des premiers omnibus est considérable : 40 litres au 100 kilomètres.
Plus gourmands, les cars postaux alpins consomment plus de 50 litres au 100 kilomètres. Ils ont généralement moins de places assises que les omnibus roulant en plaine (une vingtaine contre 30 à 40). Les premiers cars alpins circulent avec des pneus pleins. Rapidement, on remarque que l’utilisation de pneus gonflés d’air permet d’économiser 15% d’essence : entre 1921 et 1924, les cars sont donc munis de nouveaux pneus. Le nombre de litres aux 100 kilomètres encore est réduit de moitié grâce aux moteurs à diesel introduits dès 1931. Les années 1940 vont être marquées par le manque de ressources et de leur rationalisation. Du gaz produit à partir de bois est donc utilisé à la place du diesel.
Jusqu’en 1968, le personnel de conduite siège sur la droite de l’automobile (Rechtslenkung), à côté de la porte par laquelle entrent les passagers. Le conducteur doit ainsi se lever, ouvrir manuellement la porte, contrôler ou vendre les tickets et laisser entrer les passagers. Les cars postaux sont dotés d’une cabine avancée pour le personnel de conduite, testée pour la première fois dans les années 1930. Le moteur est placé sous le corridor du car postal (Unterflurmotor).
Le remplacement des véhicules suite aux développements techniques est en partie décidé par les inspecteurs des services automobiles de la Direction générale des PTT. Ils jouissent de larges compétences pour les cars postaux de la régie, mais aussi pour ceux des entrepreneurs postaux.
De grands changements techniques prennent place dans les années 1970 : les bus articulés sont introduits, les cars postaux sont nouvellement construits avec une suspension pneumatique et des disques à frein sont utilisés. Un changement majeur et symbolique pour les PTT est la commande et l’achat de véhicules produits à l’étranger, chez Mercedes-Benz par exemple. Alors qu’une loi de 1916 (renouvelée en 1960) stipule que les PTT doivent, si une production indigène existe, se procurer des pièces et des véhicules en Suisse, l’année 1971 annonce justement la fin du soutien économique national et l’ouverture de la concurrence étrangère. La production nationale trop faible et l’attente trop longue suite à une commande de véhicules (jusqu’à deux ans !) pèsent trop lourdement sur la flexibilité et le développement technique des automobiles. Les PTT se tournent donc vers des entreprises étrangères.
En 1985, le dernier car postal entièrement construit en Suisse est produit par Saurer. En même temps, les premiers essais de car postaux électriques ont lieux. Certains véhicules, comme ceux avec un toit rétractable construits depuis les années 1920 pour les voyages en montagnes, ne sont plus produits par les entreprises étrangères. C’est une spécificité de la production suisse. Ce n’est que depuis 2017 qu’il est à nouveau possible de rouler avec un car postal décapotable sur les routes suisses. Les années 1980 sont aussi synonymes d’automation et d’introduction de composantes électroniques, comme les caisses ou automates électroniques à billets.
Les PTT ont été particulièrement actifs dans le processus d’innovation pour les cars postaux. Ils ont suivi les développements étrangers à la loupe et adopté de nouveaux procédés techniques. Au cours du XXème siècle, ils ont constamment perfectionnés leur flotte d’automobiles, répondant à la demande de la population et à la conjoncture politique et technique.


Au service des abonnés : les numéros de service des PTT
Les numéros de service sont des numéros courts à deux ou trois chiffres. Ils apparaissent pour la première fois dans les annuaires téléphoniques suisses de l’année 1925. Tandis que le numéro 10 permet par exemple de faire passer des télégrammes, le 15 informe sur les taxes et les coûts des appels. Mais pourquoi a-t-on besoin de ces numéros de service?
Tant que les liaisons téléphoniques sont établies manuellement dans une centrale, toutes les informations ou renseignements peuvent être demandés directement auprès de cette dernière. Or, entre 1921 et 1959, le réseau téléphonique suisse est automatisé. Ce processus rend nécessaire la création de numéros spéciaux reliant directement l’abonné aux téléphonistes. Le numéro 11 du service des renseignements – qui deviendra plus tard le 111 – s’avère particulièrement important : il est créé pour toute sorte de requête ou demande d’aide. Le numéro 12 sert à signaler des problèmes techniques dus à la ligne ou à la liaison téléphonique. Quant au numéro 14, il permet d’établir les liaisons en dehors du réseau automatique ; dès les années 1950, cela concerne en premier lieu les appels internationaux.
Publicité pour les premiers numéros de service
Pour promouvoir les numéros de service, les PTT publient régulièrement des brochures publicitaires. Cette brochure de 1963 démontre dans quelle mesure les images stéréotypées peuvent être utilisées à des fins publicitaires: les télégrammes sont le domaine de l’homme d’affaire, les renseignements celui de la femme au courant de tout et les liaisons internationales concernent surtout l’homme de type méditerranéen qui appelle sa famille au Sud.
Les numéros de service sont également mis à disposition de tiers. Dès
1928, les abonné-e-s lausannois peuvent par exemple appeler directement
les pompiers au numéro 18. Jusqu’au milieu des années 1940, tous les
numéros à deux chiffres sont attribués à un service. Pour décharger les
services de renseignements, une mécanisation des informations régulières
et constantes devient nécessaire. Ainsi, dès les années 1950, on
introduit par exemple les prévisions météo (162), le service de
l’information téléphonique (168) ou le bulletin de l’état des routes
(163). Le service de réveil téléphonique, grâce auquel chaque abonné
peut se faire réveiller toutes les dix minutes personnellement par une
téléphoniste jusqu’en 1959, est également très apprécié. Pour répondre à
une demande grandissante, les PTT intègrent dès les années 1960
l’horloge parlante au service de réveil. Dès 1969, une station réveil
entièrement automatique est introduite.
En 1957, les PTT
uniformisent les numéros de service à trois chiffres et introduisent une
nouvelle réglementation : le service fourni doit répondre à un intérêt
public général et être garanti vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Swisscom offre toujours des numéros de service, qui donnent à tout moment des informations sur le temps, les évènements sportifs et autres. Avec l’introduction de l’Internet dans les années 1990 et les Smartphones dans les années 2000, des forums sur Internet et des applications mobiles ont repris la fonction de beaucoup de numéros de service.


50 ans de transformation numérique en Suisse
La numérisation des télécommunications en Suisse se réalise en plusieurs étapes. Dès 1969, des voies de transmission sont numérisées. Depuis le milieu des années 1980, les centraux téléphoniques commencent à l’être également. En 1988, c’est au tour de la numérisation des raccordements, du téléphone et du fax par exemple. Succédant aux PTT-Telecom, Swisscom se tourne fin 2017 vers la téléphonie par Internet. C’est ainsi que le chapitre Integrated Services Digital Network (ISDN) prend fin.
Digitalisierung final from PTT-Archiv on Vimeo.
La construction d’une infrastructure de communication se développe en parallèle à la croissance d’une demande de services nouveaux, plus rapides et fiables. Avec l’essor économique et les changements sociétaux de la période d’après-guerre, les PTT se voient confrontés à une pression de plus en plus importante : ils doivent adapter leur service et leurs prestations aux besoins d’une société d’information en émergence. Cette pression en matière d’innovation a débuté il y a déjà plus de 50 ans avec différents projets de rationalisation. Elle a permis le début de l’ère numérique. Dans les années 1960, le département de la recherche des PTT a développé sa vision d’un réseau téléphonique numérique. Les progrès dans le domaine de la microélectronique et des ordinateurs permettent de concevoir des systèmes de transmission plus efficients et performants. A la fin de la conceptualisation d’une telle idée, il est souhaité d’intégrer les différents services : toutes les formes de nouvelles, qu’elles soient de langues, de données ou d’images, sont transmises au sein d’un même réseau.
Derrière le développement de la technique analogue vers celle du numérique se cachent de jeunes ingénieurs du département de la recherche qui sont familiarisés au Pulse-Code-Modulation (PCM). Avec le PCM, un signal vocal analogue et continu est codé et transmis sous la forme d’impulsions binaires. L’avantage central de ce système se trouve dans la résistance aux perturbations, même sur de longues distances de transmission.
Le département des télécommunications des PTT souhaite être à la tête de la technologie et y rester. Ses activités sont comparées à la situation de la recherche internationale. C’est notamment la raison pour laquelle les démarches des ingénieurs sont prises très au sérieux. Après un échange en 1967 entre les PTT et les entreprises suisses Hasler, Siemens-Albis et Standard Telephon & Radio de l’industrie des télécommunications, un « groupe de travail Pulse-Code-Modulation » est créé. Ce dernier travaille de 1969 à 1983 au développement national du « Système de télécommunication intégré » (IFS). Ce système pilote la transmission de conversations modulées par PCM et souhaite éliminer les problèmes d’interface entre les centraux analogues et ceux nouvellement numérisés.
En 1976, une installation pilote de l’IFS basée dans la Mattenhof à Berne transmet électroniquement et par ordinateur pendant plusieurs mois des conversations entre le Bollwerk et les offices principales du groupe réseau de Berne. Pourtant, le projet se heurte à des complications et des frictions se forment au sein du groupe de travail. Malgré les coûts de développement et de personnel en hausse, la livraison de centraux de transit a du retard. Les exigences d’un tel système national ne sont plus sous contrôle. En 1983, les responsables du système doivent admettre que les tentatives de sauvetage sont vaines. Dans les médias, les coûts de ce système sont estimés à plus de 200 millions de francs et au sein du conseil national, on débat à propos du futur de l’industrie suisse des télécommunications.
L’ébranlement de ce développement ne conduit toutefois par à l’abandon de la numérisation. Les capacités de l’IFS sont considérées comme trop importantes au sein du marché des télécommunications. Il se développe alors une possibilité de communication abonné-abonné complétement numérisée. Pour cela, tous les services (transmission de signaux linguistiques ou non) sont diffusés sous la forme d’un flux continu de bits au sein du même raccordement. L’arrêt du projet IFS accélère la transformation du secteur des télécommunications. Les PTT achètent à l’étranger des systèmes testés et les intègrent dans le réseau indigène. Avec « Swissnet I » en 1988, les PTT permettent la réalisation d’un standard international, l’Integrated Services Digital Network (ISDN), en Suisse. Fin 2017, l’ISDN est complétement remplacé par la téléphonie par Internet.


Une vie durant aux PTT – des professions de monopole
Lors de leur dissolution en 1997, les PTT engagent 60'000 personnes et forment ainsi le plus gros employeur de Suisse. Beaucoup d'employés-ées travaillent au sein de l'institution depuis leur apprentissage, dans des professions dites de monopole. L'apprentissage à la poste ou au service de télécommunications permet une formation ciblée et une place de travail en grande partie assurée par la suite. Mais en même temps, la formation interne à l'entreprise restreint les possibilités de changement d'affectation.
Le terme « professions de monopole » apparaît pour la première fois en 1967 dans les prescriptions C2 relatives au personnel. Celles-ci réglementent la formation des apprenti(e)s des PTT. Par ce terme sont définies les différentes voies de formation internes à l'entreprise, soit :
- Fonctionnaire diplômé (apprentissage de 2 ans) : secrétaire d'exploitation, télégraphiste, chef de bureau
- Assistante d'exploitation (apprentissage d'une année) : employée de guichet, de service de chèques postaux, télégraphiste, téléphoniste
- Fonctionnaire en uniforme (apprentissage d'une année) : facteur, employé de traitement postal, de service de bureau
Ces professions n'existent pas uniquement depuis 1967 : la formation au sein d'un domaine spécifique des PTT a une longue tradition.
Lors de la création de la poste fédérale suisse en 1849, les fonctionnaires sont embauchés uniquement selon leurs connaissances préalables dans un domaine particulier. Aucun apprentissage n'a lieu. Mais ceci change rapidement avec l'introduction de nouveaux secteurs d'activités, notamment la télégraphie en 1852, dont l'administration elle-même se met à former des télégraphistes. En 1869, le service de la poste introduit également l'obligation de faire un apprentissage.
Aussitôt l'introduction des apprentissages au sein de la poste et des télégraphes instaurée, les femmes y sont aussi admises. En 1870 par exemple, parmi les 64 télégraphistes, 25 sont des femmes. A la poste pareillement, chaque année, de nouvelles apprenties sont engagées. Cette offre n'est toutefois pas valable longtemps. En effet, en 1894 tombe la décision d'interdire toute possibilité aux femmes de devenir fonctionnaires diplômées à la poste. Et le statut des télégraphistes en formation se voit être rétrogradé face à celui des fonctionnaires diplômés.
La formation des fonctionnaires diplômés des PTT se déroule spécifiquement au sein du secteur de la poste et de télécommunications. Les secrétaires d'exploitation du service postal sont majoritairement placés au guichet financier et de l'expédition, ou au service des ambulants. Au service de télécommunications, ils exercent leur activité en tant que télégraphistes ou chefs de bureau. Les apprentis reçoivent, à côté de leur expérience pratique, une formation approfondie qui leur permet de commencer une carrière dans des services administratifs et hiérarchiquement supérieurs.
Les apprenties de la poste, du téléphone et du télégraphe (appelées dames-aides jusqu'à la fin des années 60) sont majoritairement destinées aux secteurs d'activité dits féminins : au guichet postal ou à l'office de chèques postaux, ou encore en tant que télégraphistes ou téléphonistes. Elles peuvent au sein de leur secteur changer facilement de poste et monter les échelons de la hiérarchie. Une carrière dans le service administratif leur est toutefois proscrite.
Les fonctionnaires en uniforme exercent dans le secteur postal en tant que facteur, dans le cadre du traitement des lettres et des colis ou encore de travaux manuels pour le service de bureau. Grâce à leur uniforme, ces fonctionnaires sont reconnaissables en tant que fonctionnaires des PTT. Jusque dans les années 60, il existe la possibilité de contracter une formation élémentaire de quelques mois. Dès 1967, un apprentissage d'une durée annuelle est inscrit dans les prescriptions C2.
La fin des années 60 marque un changement important au sein des PTT de part un manque accru de personnel. Les années 90 annoncent des signes de libéralisation du marché. De ce fait, il a été nécessaire aux PTT d'assouplir la rigidité de ses accès et parcours professionnels. Au sein des professions de l'institution, il est désormais possible de changer plus facilement de secteur d'activité, ce qui induit également une ouverture des postes de cadres également aux femmes, ceci depuis 1972 (la formation de fonctionnaires diplômées devient possible). Depuis l'extérieur, cette ouverture se traduit par une harmonisation des diplômes aux certificats fédéraux de capacité. Le diplôme des PTT obtenu est désormais également reconnu par les entreprises privées.


Le car postal, pilier du tourisme suisse
Les cars postaux roulant sur les routes étroites de montagnes font partie des images affiliées à la Suisse alpine. Le car postal, avec sa couleur jaune et son klaxon à trois tons, se développe depuis bientôt plus d’un siècle comme un motif fort du tourisme suisse.
Le col du Simplon est la première voie alpine suisse à être marquée par les pneus d’une automobile postale. Nous sommes en 1919. Dès ce moment-là, les diligences postales à chevaux sont remplacées par des automobiles. Les cars postaux sont produits dès 1921 par l’entreprise suisse Saurer. Dotés d’un moteur puissant, de très bons freins et d’un braquage précis, ils sont particulièrement adaptés aux routes montagneuses. L’année suivante, en 1922, c’est l’entreprise suisse Brozincevic & Cie Wetzikon (FBW) qui livre ses trois premiers Car-alpins, aux caractéristiques également adaptées à une topographie accidentée. Les automobiles de Martini, troisième fournisseur suisse de cars postaux, possèdent huit places assises et circulent dans différents cantons (Valais, Tessin, Grisons) dès les années 1920 aussi. Les cars postaux doivent rouler sur les routes les plus pentues et étroites du monde. La conquête motorisée des Alpes peut alors débuter, et ceci malgré la situation économique et sociale instable des années 1920. Le tourisme en Suisse arrive à se développer, notamment par l’intérêt grandissant pour les activités sportives, d’hiver par exemple. Le car postal joue alors un rôle primordial dans le développement de cette branche dans les Alpes.
Brochure publicitaire en anglais, 1957
La couleur jaune du car postal est reconnue par l’Union Suisse de Vernis et Peintures en 1957 comme « PTT 1957 ». En 2002, la couleur jaune « RAL 1004 Goldgelb » est reconnue par l’Institut allemand de contrôle de qualité et de normalisation et appartient dès lors à la marque CarPostal Suisse SA.
Si le chemin de fer représente la colonne vertébrale du réseau de transports publics de la Suisse, les cars postaux forment alors les membres, qui permettent d’atteindre la périphérie. Ils relient les centres avec les régions voisines et donnent l’accès aux lieux isolés. Dans certains cols étroits, un car postal descendant ne peut croiser une voiture montant. La visibilité réduite sur ces lignes alpines nécessite rapidement des adaptations dans la conduite et dans le respect du code de la route. Un signal clair est nécessaire, avertissant l’automobiliste de l’arrivée du car postal : l’avertisseur à trois tons est inventé. Marque protégée, inimitable par d’autres klaxons, l’avertisseur jouant des notes do dièse-mi-la, en la majeur, est introduit en 1924 et est majoritairement utilisé dans les régions montagneuses. Fort symbole pour les touristes qui le relient au paysage alpin, l’avertisseur résonne durant des décennies dans certaines vallées. Les panneaux d’indication signalant son utilisation sont présents le long des routes.
Le car postal suisse n’est pas uniquement connu par son klaxon à trois tons, mais également par sa couleur jaune. En Suisse, celle-ci est pour la première fois utilisée pour le car postal au début XXème siècle. Les entrepreneurs de cars postaux ont pendant longtemps possédés une couleur différente (crème pâle par exemple), mais depuis 1971, tous les bus roulant pour la Régie des PTT et sous son mandat portent le même jaune.
Cartes de visite touristique, les cars postaux jouent un rôle économique, social et culturel important : ils ne se mettent pas uniquement à disposition de la population, mais proposent pour les touristes des excursions et des voyages dans toutes la Suisse. L’imaginaire (touristique) relié à la Suisse est formé par les routes étroites de montagne, les alpes, le car postal jaune et l’avertisseur à trois tons.
Prospectus publicitaires pour les Grisons et le Tessin, 1967
En 1919, alors que l’Etat des Grisons interdit les automobiles de circuler sur le territoire jusqu’en 1925, la poste obtient un droit exceptionnel de passage pour le transport de personnes et de marchandises avec des omnibus à moteur. Depuis, les Grisons, tout comme le Tessin, font partie des destinations touristiques phares.


Le service international – relié au monde entier
Dans les services internationaux, les lignes téléphoniques sont reliées par les téléphonistes. Elles établissent des communications à longue distance dans le monde entier. Conséquence de l’automatisation et de la numérotation directe dès 1964, le quotidien des téléphonistes est bouleversé.
Dès l’introduction du téléphone en 1880 en Suisse, les milieux économiques se hâtent de construire des lignes téléphoniques à l’étranger. Les guerres mondiales conduisent à des interruptions et freinent le développement de l’infrastructure et de la technique. Mais pour une courte durée seulement : une liaison radiotéléphonique est construite vers les Etats-Unis via Londres en 1928 et, fin 1952, des liaisons par câble sont réalisables dans presque tous les pays européens.
Pour des liaisons téléphoniques par des réseaux non-automatisés, un service spécial des PTT est compétent : le service international, également nommé service de commutation manuel. Si une communication à longue distance est souhaitée, c’est le numéro de service 14 (dès 1975 : 114) qu’il faut choisir. La téléphoniste en fonction prend alors note de toutes les indications concernant l’appelant, le lieu et le but souhaité. A son pupitre de commutation, elle saisit les commutateurs et établit ainsi les liaisons demandées. Elle rappelle ensuite l’appelant et fait savoir que la liaison est établie. Elle écoute et contrôle le début de la conversation, afin de s’assurer que les bonnes per-sonnes sont reliées.
Pour ce travail, les PTT exigent de bonnes connaissances linguistiques et géographiques, un comportement aimable, une obligeance et de bonnes connaissances générales. Uniquement les femmes sont autorisées à commencer l’apprentissage long d’une année. Pendant leur formation, les futures téléphonistes se spécialisent de manière théorique et pratique dans un des services téléphoniques, le service de commutation par exemple. Dans les centrales téléphoniques, des espaces spécifiques sont destinés aux services internationaux. En ces lieux, les téléphonistes doivent traiter leurs demandes rapidement. Des ouvrages de référence ainsi qu’un grand savoir-faire les aident à relier correctement l’appelant et le destinataire. Dans les années 1960, 28 services internationaux sont en service.
Les taxes étrangères inhibent dans les débuts la croissance de la téléphonie internationale. En effet, en 1965, une conversation de 3 minutes aux Etats-Unis coûte plus de CHF 52.-. Cela équivaudrait actuellement à environ CHF 200.-. Les CHF 5.55 que coûte une conversation de 3 minutes en Grande-Bretagne équivalent à un salaire horaire d’un ouvrier qualifié. Les communications avec l’étranger deviennent un phénomène de masse seulement à partir de l’automatisation du réseau téléphonique international et grâce à la chute des tarifs des années 1970.
L’automatisation conduit à une simplification du travail, mais aussi à une réduction des effectifs. Avec la numérotation directe dès 1964, téléphoner sans le branchement manuel est de plus en plus populaire. L’élaboration des liaisons fonctionne avec un système international d’indicatifs nationaux (pour la Suisse 0041 par exemple). Dès 1976, plus de 90% des communications avec l’étranger fonctionnent avec la numérotation directe. Durant cette période, plus que 7 des 28 services internationaux restent actifs. Cette réduction est accompagnée par des changements dans d’autres services et de moins en moins de téléphonistes se spécialisent dans le service de commutation. Aux postes de travail, les écrans remplacent les commutateurs téléphoniques.
Les abonnés à la téléphonie s’habituent rapidement à la numérotation directe, aux moyens auxi-liaires modernes et aux numéros directs pour l’étranger. Dans les années 1990, les 7 centrales de commutation manuelle traitent seulement une petite partie du trafic téléphonique étranger. Le service de commutation des téléphonistes perd alors peu à peu de sa signification.


Séjours linguistiques aux PTT
La formation des langues étrangères des employées et employés de l'entreprise fédérale des PTT est depuis les débuts de toute importance. La pratique quotidienne liée au service postal, téléphonique et télégraphique nécessite de bonnes connaissances linguistiques. Ces dernières font de ce fait partie des conditions d'engagement et sont présentes dans les prescriptions (les directives administratives internes à l'entreprise).
Les langues nationales sont pour le travail quotidien aux PTT inévitables. De ce fait, un séjour linguistique est un prérequis pour l'examen d'admission à l'apprentissage aux PTT pour les professions suivantes :
- Assistante d'exploitation : les employées de guichet, de service de chèques postaux, les télégraphistes, les téléphonistes
- Fonctionnaire diplômé (dès 1972 également fonctionnaires féminins) : les secrétaires d'exploitation, les télégraphistes, les chefs de bureau
- Fonctionnaire en uniforme (dès 1973 également fonctionnaires féminins) : facteur, employé de traitement postal, de service de bureau
Afin de satisfaire aux prérequis, bon nombre d'entre eux font un séjour dans une autre partie du pays. Ce séjour peut se dérouler sous la forme d'au pair (majoritairement féminin) qui allie tâches ménagères, prise en charge des enfants et les premiers pas dans le monde professionnel – expérience appelée « Welschlandjahr » pour les germanophones séjournant quelques mois en Suisse romande.
Durant l'apprentissage, des cours de langue sont proposés, tout comme des échanges entre différentes régions linguistiques suisses. De plus, des camps d'apprentissage sont organisés, mélangeant volontairement apprenties et apprentis de différentes régions.
A la fin de l'apprentissage, un examen de langues (oral et écrit) est obligatoire. En cas de réussite, la personne entrera dans une période dite « d'aspirant », durant laquelle elle sera transférée tantôt ici et là pour compléter sa formation pratique et améliorer ses connaissances linguistiques. Ce séjour est obligatoire pour les fonctionnaires diplômés (outre les personnes mariées et les habitants une région bilingue), hautement recommandé pour les autres corps de métiers. Il dure entre 8 et 15 mois.
Le perfectionnement des langues ne s'arrête pas à l'apprentissage. En cours d'emploi, les PTT garantissent des formations continues en partie financées par chaque direction d'arrondissement : des cours de langue en Suisse, des séjours à l'étranger ou des échanges de quelques mois avec une ou un autre collègue d'une autre région linguistique.
Durant les années soixante, à cause de la forte pénurie du personnel, les PTT n'ont pas donné la priorité aux échanges linguistiques, mais bien plutôt favorisé les déplacements stratégiques lorsqu'un manque de personnel se faisait sentir, notamment dans les villes ou les grands offices. Mais dès le milieu des années septante, suite à une amélioration du marché du travail, les compétences linguistiques des employés des PTT reprennent plus d'importance. Aux côtés des langues nationales, l'anglais prendra à partir des années nonante plus d'ampleur.
La cohésion nationale et un l'échange entre différentes régions de la Suisse détiennent une place importante au sein de la culture des PTT. Il n'est d'ailleurs pas un hasard que le centre de formation des apprenties et apprentis se déroulent à Macolin/Magglingen, Berne, commune sise sur le « Röstigraben », symbole fort de différences culturelles et linguistiques entre les régions de Suisse.


Quelle place pour l'Etat dans le marché des télécommunications ?
La libéralisation du marché de la télécommunication suisse en 1998 entraine deux conséquences étroitement liées : d’une part, la levée du monopole d’Etat implique l’émergence d’un marché libre en matière de télécommunication. D’autre part, de la privatisation partielle de l’entreprise étatique Telecom PTT découle la fondation de Swisscom S.A. Pour les employé-e-s, cette évolution signifie de nouvelles conditions de travail.
Dès la fin des années quatre-vingt, un nouveau courant de pensée tend à s’imposer petit à petit. L’entreprise fédérale des PTT, qui gère le monopole de l’offre en matière de télécommunications, ne semble plus correspondre à l’air du temps. Le néolibéralisme, qui promet le succès économique de l’ouverture des marchés et des privatisations d’entreprises étatiques, fait son chemin dans les débats politiques. On dit les entreprises privées plus flexibles et mieux à même de s’adapter aux nouveaux défis technologiques. De plus en plus de personnes influentes pensent que la libéralisation est un bon moyen d’anticiper et de préparer la Suisse au nouveau marché de la télécommunication devenu libre, européen et international. L’argument de la baisse des prix par le système de concurrence a de nombreux adeptes. La libéralisation du marché suisse de la télécommunication aboutit le 1er janvier 1998 avec l’entrée en vigueur de la loi sur les télécommunications.
Afin d’assurer le service de base des télécommunications sur tout le territoire suisse, des réglementations sont prévues. Malgré la situation concurentielle, Swisscom S.A. est chargée d’assurer ce service.
Pour le Conseil fédéral et la majorité des parlementaires, la libéralisation des services de poste et de télécommunication doit être acccompagnée d’une restructuration de l’administration des PTT. Contrairement à la Poste PTT, les Telecom PTT ne deviennent pas, le 1er janvier 1998, une institution privée de droit public. Elles se transforment en une société anonyme de droit public avec une participation majoritaire de la Confédération. Le référendum contre la libéralisation mené par une partie de la gauche n’aboutit pas. En octobre 1998, l’entrée en bourse de Swisscom est courronée de succès. Par la suite, le Conseil fédéral et le conseil d’administration de Swisscom S.A. souhaitent la privatisation totale de l’entreprise, ce qui n’a pas abouti jusqu’à ce jour.
Les dirigeant-e-s de Telecom PTT se montrent très favorables à la libéralisation. Par plusieurs mesures, notamment la campagne « Change Telecom », il essaient de préparer les collaborateurs-trices aux changements qui s’annoncent et de les convaincre des bienfaits de la libéralisation.
Le compte à rebours jusqu'au 1.1.1998
Des apprentis électroniciens des Telecom PTT de Sion développent une montre à rebours pour le projet Change Telecom. Dès la mi-décembre 1996, elle compte à plus de 50 endroits les jours, les heures, les minutes et les secondes jusqu’à la libéralisation du premier janvier 1998.


Libéralisation en jaune
La libéralisation de la Poste implique à la fois l’ouverture de ce marché à la concurrence privée et la restructuration de la Poste PTT. A la différence du marché de la télécommunication, le marché de la poste se libéralise pas à pas dès 1998. Cette évolution se répercute immédiatement sur les conditions de travail des collaborateurs-trices.
Entrée en vigueur le 1er janvier 1998, la loi sur la poste entraîne la libéralisation des envois de colis express et dépassant les 2 kilos. Ces services postaux sont désormais ouverts à des prestataires privés. Le monopole des lettres, à savoir le droit exclusif de la Poste d’acheminer le courrier et les paquets de moins de 2 kilos, s’assouplit petit à petit jusqu’à se restreindre en 2009 aux envois de moins de 50 grammes. Souhaitée par le Conseil fédéral, l’ouverture complète du marché dans le domaine de la poste ne trouve pas de majorité au parlement en 2010.
Le principe d’un service public postal disponible dans toute la Suisse, bon marché et de qualité, est ancré dans la Constitution fédérale (art. 92). L’étendue concrète de ce service public est pourtant régulièrement l’objet de débats politiques et publics. L’initiative populaire « Services postaux pour tous », qui exige entre autres un réseau postal sur tout le territoire suisse, est refusée de justesse à 50,2% des voix. Chargé de garantir le service universel, le législateur a confié à La Poste, entreprise qui succède à la Poste PTT, l’exécution de ce mandat.
Les deux entités des PTT, Poste et Telecom, sont séparées en 1998. La libéralisation du marché de la poste étant moins développée, l’organisation de sa désétatisation est moins prononcée. Avec l’entrée en vigueur de la loi sur l’organisation de la poste, celle-ci devient une entreprise indépendante. Selon le Conseil fédéral, cette forme d’institution renforce la notion de service public. Au cours de l’ouverture des marchés, La Poste devient en 2013 une société anonyme de droit privé et est mise à la même enseigne que les entreprises fédérales des CFF et de Swisscom.
« Change Post » : tel est le slogan que la Poste PTT donne à son gros projet visant à surmonter le pari de la libéralisation. La campagne de communication interne « Viva la Posta », quant à elle, s’adresse aux collaborateurs-trices et tente d’introduire une nouvelle culture d’entreprise.
La loi fédérale sur le personnel remplace en 2001 la loi sur les fonctionnaires et flexibilise les conditions d’engagement – désormais, la garantie du travail n’existe plus. La même année, les partenaires sociaux signent la première convention collective de travail de La Poste suisse.
Les discussions au sujet de la libéralisation de la poste ne sont pas encore terminées.


Les faisceaux hertziens : un réseau fiable pour la télévision et le téléphone
La communication par faisceaux hertziens permet la transmission d'informations d'un point à un autre. Cette technique est utilisée depuis 1948 pour soulager les câbles téléphoniques. Dès les années 1950, elle sert à transmettre les signaux des studios de télévision aux tours émettrices. En quoi consiste le travail à l’arrière qui permet cette communication?
Introduite sous la forme d’un projet pilote en 1953, la télévision est, en Suisse, définitivement établie en 1958. La diffusion de ce nouveau médium nécessite la construction d’antennes émettrices. De plus, le réseau téléphonique n’étant pas adapté à la transmission des signaux de télévision à ces antennes, un nouveau réseau qui recourt aux faisceaux hertziens est créé. Alors que les ondes radio rayonnent à 360° à partir de leur émetteur, les faisceaux hertziens transmettent des signaux dirigés. Les antennes paraboliques, appelées communément paraboles, sont à la fois les émetteurs et les récepteurs de ces signaux.
Dès les années 1960, les PTT développent le réseau hertzien afin d’atteindre aussi les régions reculées. Dans ce domaine, la Suisse se trouve à un croisement international: les faisceaux hertziens d’Albis-Felsenegg (ZH), établis en 1966, font office de relais nord-sud et est-ouest du réseau de télévision européen. Déjà en 1954, les PTT développent les liaisons entre l’Allemagne et l’Italie afin de permettre la diffusion de l’Eurovision récemment inventée. L’établissement de la liaison vers l’Italie, qui passe par le Jungfraujoch, est une performance technique de haut niveau à cette époque puisque la télévision par satellite n’existe pas encore.
Dans les stations de faisceaux hertziens de grande importance, une équipe composée d’assistantes en télécommunication et de techniciens s’occupe continuellement d’effectuer les liaisons et de surveiller la transmission. Du personnel supplémentaire assure les transmissions d’événements exceptionnels ou de reportages en direct à l’aide de stations mobiles. Au fil du temps, la technique se développe afin de pouvoir transmettre un plus grand nombre d’émissions et de conversations téléphoniques ou encore proposer de nouveaux services comme le télétexte.
Dans le domaine du réseau téléphonique, les faisceaux hertziens servent surtout à assurer la transmission en cas de surcharge du réseau en fil de cuivre. Les faisceaux hertziens perdent de leur importance à l’arrivée des câbles en fibre de verre dans les années 1980. Ils restent toutefois nécessaires à la téléphonie mobile et fixe dans certaines régions de montagne et peuvent encore servir de liaisons radio en cas d’urgence.


Les prescriptions – au sein des PTT, tout est strictement réglementé
Les prescriptions des PTT sont des directives administratives destinées à garantir l’exécution uniforme de l’ensemble des tâches et devoirs au sein de l’entreprise. D’autres instructions concernant le domaine public sont publiées dans la Feuille officielle des PTT.
L’administration fédérale des PTT est composée de deux secteurs : celui de la poste (d’où le ‘P’ dans le nom) et celui des télécommunications (‘TT’ pour téléphone et télégraphe). Les deux secteurs disposent de plusieurs types de prescriptions. Imprimées en français, en allemand et en italien, elles sont mises à disposition dans tous les bureaux des PTT. Alors que la standardisation des tâches et des étapes de travail se généralise, le nombre de prescriptions augmente. Cela va de pair avec la mise en place d’une structure administrative clairement hiérarchisée. Le but des prescriptions est de garantir le même mode de fonctionnement dans toute la Suisse – de Genève à St. Gall, de Bâle à Chiasso. Partout, les procédures sont censées fonctionner avec les mêmes exigences de qualité.
La collection des prescriptions de service est composée de trois groupes : les prescriptions A, B et C. Les différentes prescriptions sont indiquées par un nombre. Tous les règlements concernant la relation entre les PTT et le domaine public sont regroupés dans les prescriptions A, les Prescriptions générales de service. Ainsi, l’A 1, l’Ordonnance sur les postes, constitue l’ouvrage de base pour le service postal. S’y trouvent la Loi fédérale sur le service des postes ainsi que des indications sur la régale des postes qui détaille les tâches devant être accomplies par les postes. L’A1 contient également des prescriptions relatives au maintien du secret postal. Dans le domaine des Telecom PTT, l’A 100, les Prescriptions concernant les services des télécommunications, est particulièrement importante : elle contient la loi sur les télécommunications.
Les prescriptions B, les Prescriptions relatives aux services d’administration et d’exploitation, règlementent l’organisation administrative des PTT et les démarches de travail au sein de l’entreprise. Parmi ces prescriptions, la plus importante pour le domaine postal est la B 21, le Règlement d’exploitation pour le service postal. En tant que base de travail pour tous les employé-e-s de la poste, elle est disponible dans chaque bureau. Le domaine PTT Telecom dispose également de prescriptions précises. Elles règlent par exemple le travail des téléphonistes ou la construction de lignes téléphoniques.
Dans les prescriptions C, les Prescriptions concernant le personnel, tous les droits et devoirs du personnel des PTT sont inscrits.
A côté de la collection de prescriptions décrites ci-dessus, les PTT publient un autre type de prescriptions : les Bulletins d’entreprise des PTT. Ces bulletins contiennent des informations actuelles destinées au personnel. On y trouve par exemple des indications sur les nouveaux vêtements de fonction, les maisons de vacances des PTT ou de nouvelles instructions de la part de la SUVA ou de l’assurance chômage.
Finalement, certaines prescriptions des PTT concernent directement le domaine public. Ces dernières sont publiées dans la Feuille officielle des PTT et comportent entre autres des informations sur l’inventaire des bureaux de poste, des avis de recrutement ou des innovations dans le domaine de la communication internationale.
Guerre froide de l'emballage
Dans leur bulletin d'entreprise de 1965, les PTT déclarent que les lettres et les paquets envoyés en RDA ne peuvent être emballés dans du papier journal. Selon ce bulletin, ce genre d'emballage pourrait amener à la confiscation de l'envoi par les autorités de la RDA – par crainte de propagande occidentale.


Le car postal, de la diligence aux communautés tarifaires
Tout le monde connaît le car postal, sa couleur jaune et l’avertisseur à trois tons. Mais qui connaît son histoire ? Des échecs du début du XXème siècle au grand retour après la première guerre mondiale jusqu’à la libéralisation en 1997, partez pour un court voyage dans le passé.
L’une des tâches de la régie fédérale des Postes introduite en 1849 est celle du transport de voyageurs en Suisse. Au début, les courses se font en diligences postales avec des chevaux : c’est la poste hippomobile. Les diligences postales vont compléter le réseau nouvellement couvert par le chemin de fer introduit durant la même période. Au tournant du siècle, la poste hippomobile atteint les limites de ses capacités : bien que la demande soit de plus en plus grande, le prix des billets ne couvre pas tous les frais engendrés. Les pertes financières sont de plus en plus importantes. Les premiers essais d’automobiles prennent alors place, et en 1906, la première course postale automobile est introduite. La perplexité au sein de la population est grande, les pannes fréquentes, la sécurité moindre et les coûts pour la régie des cars postaux très hauts. Trois ans plus tard, la Direction générale des PTT stoppe le trafic d’automobiles et ceci jusqu’en 1918.
Dès la fin de la première guerre mondiale, l’automobile est de retour, et cette fois-ci pour de bon, grâce à un important don de châssis de l’armée suisse. L’entre-deux-guerres est marqué par un essor fulgurant des courses postales : la régie des PTT n’arrive plus à satisfaire cette demande. Elle mandate donc des entreprises de transports privées – les entrepreneurs de cars postaux – qui roulent sous le nom des PTT. Des inspecteurs des services automobiles de la Direction générale des PTT sont mis en place dans les différentes régions afin de régler et d’homogénéiser l’ensemble de la « classe jaune ». Le personnel de conduite, qu’il travaille pour la régie des PTT ou un entrepreneur de cars postaux, est responsable de son véhicule, des passagers qui y siègent, d’un service technique quotidien minimum, d’une sécurité routière exemplaire et du maintien de la cadence horaire. Les collaborateurs des cars postaux sont entraînés au fil des décennies dans de grands développements techniques et sociaux : notamment lors de l’introduction de l’horaire cadencé des CFF, ou par la suite, lorsque les communautés tarifaires sont créées. De plus en plus de kilomètres sont parcours et les cars postaux ne sont bientôt plus seuls sur les routes. Depuis la libération des marchés en 1997 et la fin de la régie fédérale des PTT, le car postal doit se battre contre une concurrence toujours plus rude dans le milieu des transports publics.
La mobilité pendulaire est devenue une réalité quotidienne depuis la fin des années 1950, celles-ci marquant le grand boom de la densification des lignes et de leur régularité. Vivre à la campagne et travailler en ville est devenu de plus en plus commun. Les cars postaux soutiennent ce mode de vie en se proposant comme moyen de transport reliant centres et périphéries. Les écoliers prennent le car postal pour aller à l’école, les parents pour aller faire les achats en ville et pour y travailler. Le weekend, on prend le car postal pour une excursion dans la nature. Service public, moyen de transport, le car postal se présente comme une institution sociale. Depuis plus d’un siècle, il est un symbole fort, pilier d’un imaginaire et il marque le quotidien de milliers de Suisses et Suissesses.


Du football à l’orchestre symphonique: les PTT et leur culture de loisirs
Un certain nombre des employé-e-s des PTT s’engage aussi en dehors de ses heures de travail pour des activités de loisir communes et fonde des associations culturelles ou sportives. Les PTT, et plus tard la Poste et Swisscom, soutiennent financièrement ces nombreuses associations et font de cette offre variée un atout lors du recrutement de leur personnel.
Ainsi se forment des équipes de football ou d’unihockey, des clubs de tennis, de ski ou de voile. Des courses d’orientation, des jeux de quilles, du tir, de la Boccia, du Minigolf et du Jass sont pratiqués par les membres des différentes associations. Ces nombreuses sociétés sont ralliées à l’association sportive des PTT, supportée financièrement par les PTT. A côté de ce soutien, les PTT disposent également d’une vaste offre de maisons et d’appartements de vacances qu’ils louent à des prix avantageux à leurs employé-e-s.
Au niveau culturel, l’époque des PTT connaît des associations musicales en tout genre, des chorales, des sociétés de Beaux-Arts et de photographie ; il existe même un club de train électrique. Des chœurs et sociétés musicales apparaissent dans toute la Suisse.
Dans la plupart des sociétés, l’ordre hiérarchique présent au niveau professionnel s’efface. La vie associative encourage les contacts entre les employé-e-s et nombreux sont ceux qui continuent de les entretenir après la retraite.
L’Orchestre Symphonique des PTT est créé par René Pignolo en 1968. Après un apprentissage de télégraphiste, René Pignolo travaille pour la formation des cadres des PTT. Il dirige l’Orchestre Symphonique pendant 30 ans et fonde également l’orchestre à cordes Camerata PTT, le Quintet à vent des PTT ainsi que d’autres petites formations musicales. Sous la baguette de René Pignolo, ces différents ensembles se présentent à de nombreux évènements au sein de l’entreprise ainsi que lors de conférences nationales et internationales. Leur notoriété dépasse cependant le cadre des PTT : la Camerata PTT donne un concert dans la salle du Conseil national lors de sa dernière conférence de fin d’année de 1997, séance pendant laquelle les PTT sont officiellement dissouts. Après la séparation de la Poste PTT et de Telecom PTT, la Camerata PTT change de nom et devient les PostStrings. Le dernier concert des PostStrings a lieu en 2005.
Suite à la libéralisation et la séparation des domaines de la Poste PTT et de Telecom PTT en 1998, l’Association Sport et Culture de la Poste et de Swisscom (ASCPS) succède à l’association sportive des PTT. Depuis les années 2000, les associations de la Poste et de Swisscom rencontrent des difficultés et connaissent un déficit en termes de membres ; beaucoup d’associations se dissolvent. En 2007, les deux entreprises se retirent de l’Association Sport et Culture et proposent dès lors des offres de loisirs internes. Aujourd'hui, on ne compte plus que 89 sociétés avec un total de plus de 5000 membres.







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